[03/10/16] Reprise du l’activité du lactarium d’Ile-de-France

Le vendredi 2 septembre 2016, l’AP-HP a décidé, par mesure de précaution, de suspendre la délivrance de lait du lactarium d’Ile de France rattaché à l’hôpital Necker, avec rappel des lots, en concertation étroite avec les autorités sanitaires. Cette décision faisait suite à trois cas d’infection ou colonisation de  prématurés dans deux de ses services de néonatalogie depuis le 6 août 2016, par une bactérie appelée Bacillus Cereus*. Il s’agit d’une bactérie fréquemment présente dans l’environnement, mais pouvant avoir des conséquences graves chez certains grands prématurés ou personnes fortement fragilisées. Comme indiqué le 3 septembre dernier, deux des nouveau-nés, grands prématurés, sont décédés. Le troisième se porte bien.

 

Depuis le 3 septembre 2016, des enquêtes approfondies menées par les équipes opérationnelles d’hygiène de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, par l’Agence Nationale de la Sécurité du Médicament et des produits de santé – ANSM ainsi que par l’ARS Île-de-France, en lien avec le Centre de coordination de la lutte contre les infections associées aux soins – Nord – C-CLIN Nord ont eu lieu dans les services de néonatalogie et au lactarium d’Ile-de-France afin de comprendre les causes des contaminations. Ces enquêtes ont notamment porté sur le circuit du lait provenant du lactarium de Necker, de son arrivée à la biberonnerie jusqu’à la distribution au nouveau-né.

 

Une analyse poussée des dossiers médicaux des nouveau-nés a été menée pour rechercher d’éventuelles autres sources communes. Des analyses bactériologiques visant à identifier l’existence ou non de facteurs communs aux différentes contaminations ont eu lieu, notamment des comparaisons génétiques des souches identifiées chez les nouveaux nés, dans du lait ou dans l’environnement. Les analyses effectuées à l’Institut Pasteur et dans le laboratoire de bactériologie de l’hôpital Cochin n’ont pas permis de trouver de source commune entre les souches identifiées chez les nouveau-nés, le lait ou l’environnement.

_DSC3047 rebooste 2

A ce jour, aucune analyse microbiologique ne permet d’établir la responsabilité du lait issu du lactarium dans les cas détectés.

 

Les échanges constants entre les équipes de l’AP-HP et les autorités sanitaires ont permis la définition d’un plan d’actions complet afin notamment, d’améliorer le bio-nettoyage des sols et surfaces et de mieux maîtriser la température pour la conservation et le conditionnement du lait. Ce plan d’actions, validé par les autorités sanitaires, est d’ores et déjà appliqué et fera l’objet d’un dispositif de suivi renforcé.

 

Par conséquent, en accord avec les autorités sanitaires, l’AP-HP a décidé la reprise de l’activité du lactarium d’Ile-de-France et la délivrance de lait à compter du lundi 03 octobre 2016.

 

Grâce à la solidarité entre établissements de santé et à la réactivité des lactariums de France, en particulier celui de Marmande, des solutions de suppléance ont immédiatement pu être mobilisées de telle sorte que les besoins des nouveaux nés pour lesquels le lait d’origine maternel est indispensable ont pu être satisfaits. Le lait maternel est en effet indispensable pour certains prématurés en raison des qualités nutritionnelles et immunologiques qu’il possède.

 

 

* Bacillus cereus est un bacille ubiquitaire que l’on peut retrouver dans le sol, l’eau, les végétaux. Il peut survivre sous forme de spores résistantes à la chaleur. Il peut contaminer les aliments et être responsable d’intoxications alimentaires (vomissements, diarrhées) chez l’homme, habituellement bénignes et rapidement résolutives. Chez les personnes immunodéprimées ou particulièrement fragiles comme les nouveaux nés, il peut être responsable d’infections graves généralisées (septicémies, méningites). Le traitement des infections graves repose sur des antibiotiques.