« D’autres reins que les miens »

Récits d’une incroyable aventure médicale et humaine du 20ème siècle

couv autres reins

Cette formidable révolution médicale et humaine est racontée par Yvanie Caillé et Frank Martinez, respectivement patiente et néphrologue à l’hôpital Necker. Ils ont choisi de donner la parole à celles et ceux, malades et médecins, qui l’ont vécue et écrite.
Il faut souligner la place majeure qu’y tiennent l’AP-HP et l’hôpital Necker, où est née la néphrologie et où beaucoup de grandes avancées ont été réalisées.

Jusqu’au milieu des années soixante, les maladies qui détruisaient les reins ne laissaient aucun espoir, elles condamnaient à une mort certaine. Puis la dialyse et la greffe sont apparues et ont permis la survie et la vie.
Ils sont plus de 70 000 aujourd’hui, en France, à vivre grâce à l’organe d’un autre, vivant ou mort, ou grâce à une machine…

La 1ère greffe de rein au monde

C’est à Necker, durant la nuit de Noël 1952 qu’a eu lieu un des événements fondateurs de l’histoire du rein. Gilberte Renard, est parvenue à convaincre Jean Hamburger et son équipe de prélever son rein pour le greffer à son fils, Marius, âgé de 16 ans. L’ère de la transplantation rénale venait de commencer.

Le lien unique du soigné et du soignant

« D’autres reins que les miens » est un recueil de témoignages, mais pas seulement. C’est aussi un livre d’histoire, celle des malades et des médecins qui les soignent. Aucune victoire n’aurait été possible sans ce partenariat hors du commun, dont la force interpelle, comme la confiance immense, l’engagement mutuel et l’émotion qui reste intacte, plusieurs décennies plus tard…

Histoires de vies

Des patients et des néphrologues se livrent, évoquent leurs souvenirs, souvent très forts, les moments difficiles, les défaites, les victoires. Ils se souviennent de la dureté de la vie, de la pratique médicale, durant les années héroïques, de la mort omniprésente des débuts, des combats qu’il a fallu mener pour que la dialyse et la greffe deviennent accessibles à tous ceux qui en avaient besoin.

Des choix impossibles aux choix de société : le prix des vies

Au cours des années soixante, la greffe était balbutiante et la dialyse réservée à un très petit nombre d’élus. Des « tribunaux des dieux » décidaient de qui allait vivre ou mourir. Puis, en quelques années, la dialyse a pu être prise en charge par la solidarité nationale et rendue accessible à tous les patients, malgré son coût considérable. Cette révolution éthique et sociale sans précédent n’est pas sans rappeler les choix difficiles auxquels nos systèmes de santé sont aujourd’hui confrontés, sur l’accès à l’innovation et à des traitements coûteux notamment.

Le présent et ses défis

Des témoins du présent prennent aussi la parole pour dresser avec une parfaite lucidité et un grand courage le portrait d’une maladie chronique qui reste douloureuse, aux traitements lourds, avec des impacts dans tous les domaines de la vie. Les défis et les espoirs restent considérables. Comme au temps des pionniers, la qualité de la relation et l’alliance thérapeutique sont plus que jamais des enjeux essentiels.
Un demi siècle après leur naissance, la dialyse et la greffe restent des traitements extraordinaires et singuliers.