Plume, une « poupée » qui fait du bien

Plume n’est pas tout à fait une poupée… ni un lapin : elle a deux jambes et deux oreilles du même côté. Arrivée il y a un an à Necker, elle a séduit de nombreux soignants.

Plume est d’abord un cadeau, un don qu’un professionnel de santé fait à un enfant qui arrive à l’hôpital. Cette « poupée » en coton neutre, toute simple, prend vie lorsque cet enfant laisse son imagination s’exprimer et lui donne des couleurs avec des feutres multicolores. Plume devient alors un support d’expression, un objet de médiation, un outil pour se consoler ou être consolé.

Le soin devient un jeu

A l’unité de courte durée, les soins sont parfois invasifs : prise de sang, pose de cathlons, aérosols… «  Plume est une vraie alliée pour soigner les 4 – 10 ans, explique Pauline Villemont, infirmière. Nous leur présentons avant de commencer le soin : Plume est une poupée qu’on t’offre et qui va t’aider. Elle est toute blanche. Est-ce que tu veux lui dessiner des yeux ? L’enfant commence par les yeux puis dessine la bouche, le nez, les chaussettes… se l’approprie. Lorsqu’il faut faire une prise de sang, nous la faisons d’abord à Plume qui est aussi un peu malade ; nous lui faisons aussi un super pansement… avant de faire la même chose à l’enfant. Il n’a pas forcément moins mal mais il a moins peur. Le soin est plus facile et les parents sont rassurés. Le temps investi est du temps gagné ».

Un remède contre l’angoisse

En salle de pré-anesthésie, Lydie Dehors, éducatrice, accueille les enfants et leur famille. Elle instaure un climat de confiance et répond aux questions de l’enfant. Elle lui propose ensuite de choisir un feutre pour colorier et parfumer le masque d’anesthésie. Plume vient ensuite :  «Pour moi, c’est un outil fabuleux. En fonction de mon observation, je le propose de différentes manières ; je demande à l’enfant de déguiser ou d’habiller plume. Il va exprimer ses angoisses, ses peurs mais aussi sa créativité. L’objectif est qu’il dessine et joue jusqu’au au bloc opératoire. Il est ainsi dans sa bulle, hermétique à l’angoisse de ses parents. Le climat est tout de suite plus serein… » « Et ce qui est incroyable, ajoute-t-elle, c’est de voir ce qui ressort des dessins : Plume est très souvent déguisée en super héros… c’est une protection pour l’enfant qui part armé en salle d’intervention ».

Une aide pour localiser la douleur

Plume s’est aussi installée en pédiatrie générale. Là, elle joue un autre rôle, celui d’ « outil de médiation ». Avec ses feutres, l’enfant exprime ce qu’il ressent. Tristan, 7 ans,  explique : « Le temps de tout dire aux infirmières, cela prend du temps. Là elles voient tout de suite : le bleu, c’est où j’ai mal, le jaune, c’est les piqures… ». Les infirmières qui utilisent Plume reconnaissent que le dialogue est plus facile avec l’enfant, l’échange plus précis pour localiser la douleur ou expliquer un soin.

Après une année de test en gastro-entérologie, Plume s’impose maintenant dans de nombreux services de l’hôpital comme un véritable outil de prise en charge. 1000 « poupées » ont été mises à disposition pour ce projet hors du commun. La Direction des soins qui souhaite intégrer l’utilisation de Plume dans le projet de soins, mène actuellement une évaluation auprès des parents.

Plume : des résultats positifs

Pour évaluer l’impact de Plume sur les enfants (garçons et filles), un questionnaire a été distribué en salle de réveil aux soignants et aux accompagnants par Lydie Dehors.

25 soignants ont répondus et 28 parents ou accompagnants. Voici ce qui en ressort : pour la quasi-totalité des soignants, le don de la poupée Plume est l’occasion d’amorcer le dialogue avec l’enfant et ses parents qui posent ensuite plus facilement des questions sur ce qui va se passer. Dans tous les cas cela permet de créer une atmosphère de confiance et cela aide les soignants dans la prise en charge des enfants. En revanche, les soignants ne vont pas jusqu’à dire que Plume facilite les soins…

Quant aux parents, ils sont enthousiastes : ils estiment que Plume est un vrai plus dans le prise en charge de leur enfant, qu’elle permet d’amorcer un dialogue avec les soignants, sans pour autant penser qu’elle facilite les soins. Sur ce point, ils ont le même avis que les soignants.

L’origine de Plume

Plume a été créée par l’association Apache qui depuis 1982 essaye d’adoucir l’hospitalisation des enfants. Sa fabrication et sa diffusion est financée par la MACSF, une mutuelle pour les professionnels de santé.