Mis à jour le 30/03/2026

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Un projet international pour percer les mystères de la résistance au cancer

L’équipe internationale ATLAS, dirigée par le Dr Paul Bastard (MD-PhD), MCU-PH dans l’unité d’Immuno-Hématologie et Rhumatologie pédiatriques (UIHR) à l’hôpital Necker-Enfants malades AP-HP, et chercheur à l’Institut Imagine, figure parmi les nouveaux lauréats du programme Cancer Grand Challenges. Ce financement d’envergure — pouvant atteindre 25 millions de dollars sur cinq ans — soutient un projet ambitieux qui s’attaque à une question encore largement inexpliquée en oncologie : pourquoi certaines personnes, malgré une forte exposition aux facteurs de risque, ne développent-elles jamais de cancer ?

Une nouvelle manière d’aborder le cancer

Alors que la recherche s’est historiquement concentrée sur les mécanismes à l’origine des tumeurs, l’équipe ATLAS adopte une approche inversée. Elle s’intéresse aux facteurs de protection qui empêchent la maladie d’apparaître. En étudiant des individus à haut risque restés pourtant indemnes, les chercheurs cherchent à identifier les mécanismes biologiques responsables de cette résistance naturelle. Ces travaux pourraient déboucher sur des stratégies inédites de prévention, voire de diagnostic.

Les auto-anticorps au cœur de l’étude

Pour explorer cette piste, les scientifiques analysent le rôle des auto-anticorps dans la modulation du système immunitaire. Leur recherche s’appuie sur des cohortes humaines uniques : des centenaires, des personnes fortement exposées mais non malades, ainsi que des jumeaux dont un seul a développé un cancer. Cette démarche prolonge des travaux antérieurs ayant mis en évidence l’implication des auto-anticorps dans la sévérité de certaines infections, notamment la COVID-19.

Mieux comprendre ces mécanismes de protection pourrait permettre d’expliquer pourquoi certains organismes échappent à la maladie et ouvrir la voie à des approches préventives et diagnostiques profondément renouvelées.

Une collaboration scientifique internationale

Le projet repose sur une collaboration étroite entre cliniciens, chercheurs et représentants de patients issus de huit institutions réparties dans six pays. Les expertises mobilisées couvrent un large spectre, allant de l’immunologie à la multi-omique, en passant par la pédiatrie, le vieillissement, la prévention et l’étude des liens entre infections et cancer.

ATLAS fait partie des cinq équipes récemment sélectionnées dans le cadre de Cancer Grand Challenges, représentant un investissement global de 125 millions de dollars à travers plusieurs pays et dizaines d’institutions. Ce programme vise à encourager des approches collectives et audacieuses pour répondre aux défis les plus complexes de la recherche sur le cancer.

Une initiative mondiale pour transformer la recherche

Lancée en 2020, Cancer Grand Challenges réunit aujourd’hui une vaste communauté scientifique internationale travaillant sur des problématiques majeures encore non résolues. En offrant des financements exceptionnels et en favorisant la collaboration interdisciplinaire, l’initiative cherche à dépasser les limites traditionnelles de la recherche pour accélérer les avancées contre le cancer.

Dans ce contexte, le projet ATLAS illustre une évolution importante des stratégies scientifiques : comprendre non seulement comment la maladie se développe, mais aussi pourquoi elle ne survient pas chez certains individus. Une approche qui pourrait, à terme, transformer profondément la prévention et la prise en charge du cancer.